Le changement climatique demeure le principal défi de l'investissement durable : nous sommes conscients du problème depuis plus de 30 ans, et pourtant le dernier rapport du GIEC montre que les gaz à effet de serre ont atteint des niveaux records et que nous subissons déjà des impacts extrêmes liés aux conditions météorologiques.

Avec plus de 80 % de l'énergie mondiale encore issue des énergies fossiles, ce défi est-il insurmontable ? Nous ne le pensons pas. Bien que les données soient profondément préoccupantes, la transition énergétique est en cours et ce changement est à la fois non linéaire et rapide : dès qu'une alternative plus performante et moins coûteuse est trouvée, elle supplante rapidement l'énergie en place. Pendant des années, les énergies renouvelables ont progressé lentement, soutenues par la réglementation et les subventions, puis un point de bascule a été atteint où, dans de nombreuses régions, elles sont devenues la forme de production d'énergie la plus économique. Depuis 2010, le prix du solaire a chuté de 90 % et celui de l'éolien terrestre de 60 %, et cette déflation des coûts se poursuit. La conséquence est le déclin progressif des énergies fossiles.

Dans le processus d'investissement Liontrust Sustainable Future (SF), nous parlons d'une pyramide interconnectée d'acteurs qui impulsent des changements structurels, la science apportant la compréhension d'un problème, la société appelant au changement et les gouvernements établissant des politiques, et les entreprises développant des solutions.

Comme nous l'avons souligné depuis le lancement des fonds SF en 2001, la réduction nécessaire des émissions aura un impact sur l'ensemble de l'économie, notamment sur notre système énergétique et nos modes de chauffage et de climatisation des bâtiments, et entraînera des transformations profondes dans les transports, les procédés industriels, l'agriculture et l'aménagement du territoire. Nombre de nos thématiques de développement durable sont donc liées à la transition énergétique, et comprennent l'efficacité énergétique et industrielle, les énergies renouvelables, une économie plus circulaire, la manière dont nous construisons nos villes, nous nourrissons et finançons une transition rapide.

Pour accompagner au mieux cette transition énergétique, nous avons exclu de nos fonds l'extraction et la production d'énergies fossiles et, plus largement, les constructeurs automobiles à moteur thermique, les compagnies aériennes et les entreprises énergivores qui ne s'orientent pas vers un monde bas carbone. Dans une perspective plus positive, nos fonds investissent en moyenne 26 % dans des entreprises qui améliorent l'efficacité de l'utilisation des ressources et réduisent les émissions dans des domaines tels que le gaspillage d'énergie, une meilleure gestion de l'eau et l'augmentation du recyclage des matériaux.

Nous incitons également les entreprises détenues par les fonds à être plus ambitieuses en matière de décarbonation grâce à notre Défi de transition vers 1,5 degré. D'après nos travaux, environ un quart des entreprises ont des objectifs absolus compatibles avec un réchauffement de 1,5 degré et 9 % se sont engagées à limiter le réchauffement à 2 degrés, ce qui signifie qu'un tiers est aligné sur l'Accord de Paris. Cela signifie que les deux tiers n'ont pas, à l'heure actuelle, d'objectifs conformes aux données scientifiques, mais la situation évolue rapidement et nombre d'entreprises font preuve d'une dynamique positive.

Il est indéniable que demander aux entreprises de se fixer des objectifs ambitieux de décarbonation est la partie la plus facile ; il faut en revanche que cela se traduise par des réductions d’émissions significatives, et nous continuons de suivre les progrès accomplis. Nous avons qualifié cette initiative de défi à dessein : réduire suffisamment les émissions pour éviter les pires conséquences du changement climatique ne sera pas chose aisée. Mais en tant qu’investisseurs proactifs, nous souhaitons contribuer à cet effort en encourageant une réponse plus rapide pour atteindre cet objectif essentiel.

Contribution de Mike Appleby, gestionnaire de placements chez Liontrust.