Depuis la révolution industrielle, la croissance économique est liée à l'augmentation des émissions de carbone (1). Cette augmentation est largement due à notre appétit apparemment insatiable pour les énergies fossiles. Aujourd'hui, une profonde transformation de nos systèmes énergétiques est en cours. La chute vertigineuse des coûts et les gains d'efficacité considérables créent des points de bascule économiques, tandis que les technologies d'énergies propres et renouvelables prennent de l'importance.

Approvisionnement en vert

La production d'énergie est le principal facteur du changement climatique, près des trois quarts des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'origine humaine provenant des combustibles fossiles. La plupart de ces combustibles sont brûlés directement pour les transports, le chauffage ou l'alimentation de l'industrie lourde. Aujourd'hui, l'électricité ne couvre que 20 % de nos besoins énergétiques finaux. Or, pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris et limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, nous devons parvenir à une électrification de 70 % de l'économie d'ici 2050, la grande majorité de notre électricité étant produite à partir d'énergies renouvelables zéro émission2).

Au cours de la dernière décennie, le prix de l'électricité produite par l'éolien et le solaire a chuté de façon spectaculaire : l'énergie solaire est désormais la forme d'électricité la moins chère de l'histoire (3), et dans la plupart des régions, l'éolien et le solaire sont plus compétitifs que les énergies fossiles. Les énergies renouvelables deviennent de plus en plus le premier choix des producteurs d'électricité, pour des raisons purement économiques.

La demande crée un « cercle vertueux »

La transformation radicale de nos systèmes énergétiques est impulsée par la demande croissante d'électricité, les technologies électriques et à batteries atteignant un seuil critique de commercialisation à grande échelle. Ce phénomène est particulièrement visible sur nos routes, où les véhicules électriques représentent désormais 13 % des ventes de voitures neuves (4), et dans nos foyers, où les pompes à chaleur électriques couvrent déjà 10 % des besoins mondiaux en chauffage (5). Ce cercle vertueux – où les énergies renouvelables bon marché stimulent la demande d'électricité et où la demande croissante favorise le déploiement des énergies renouvelables – s'amplifie. Dans les industries lourdes telles que la sidérurgie, l'hydrogène « vert » – produit par électrolyse à partir d'électricité renouvelable – est appelé à devenir une alternative aux combustibles fossiles. Dans le transport maritime, l'ammoniac « vert » offrira une alternative zéro carbone au fioul lourd. Enfin, nos chemins de fer poursuivront leur transition du diesel vers l'électrique.

Des sources de profit inattendues

Après plus d'un siècle de domination, les centrales électriques conventionnelles perdent progressivement leur place, la priorité étant donnée aux énergies renouvelables. La démocratisation de l'électricité est assurée par l'essor des panneaux solaires résidentiels, qui mettent les moyens de production entre les mains des consommateurs. Ce phénomène a donné naissance au « prosommateur », qui consomme et produit de l'électricité, revendant le surplus au réseau. Les investisseurs peuvent saisir cette opportunité.

L'électrification de notre économie nécessitera un déploiement massif des infrastructures. Nous estimons que 25 000 milliards de dollars d'investissements seront déployés au cours de cette seule décennie, créant ainsi une opportunité sans précédent, souvent dans des secteurs inattendus. Le secteur de la rénovation des bâtiments verra sa valeur plus que tripler, des millions de logements et de bureaux étant modernisés pour améliorer leur efficacité énergétique. Et si les véhicules électriques continueront de connaître une forte croissance – nous prévoyons que les véhicules 100 % électriques représenteront 60 % des ventes de voitures d'ici 2030 –, c'est au niveau des nouvelles sources de revenus que la croissance sera la plus importante. Nous estimons que la recharge en tant que service et les mises à jour numériques téléchargeables des systèmes d'aide à la conduite pourraient passer d'un marché quasi embryonnaire à un marché de 240 milliards de dollars chacune d'ici 2030.

La recherche de « l'alpha vert »

Chez Lombard Odier, nous sommes convaincus qu'il est essentiel de rechercher la performance verte en identifiant les entreprises les mieux placées pour impulser cette transformation et en bénéficier. En investissant judicieusement leurs capitaux, les investisseurs peuvent contribuer au déploiement massif des infrastructures d'électrification tout en protégeant leurs portefeuilles contre les risques climatiques. L'électrification deviendra le socle de l'économie de demain et les investisseurs d'aujourd'hui ont une occasion unique de la construire.

 

Contribution invitée de Lombard Odier.

Pour en savoir plus sur ce sujet, assistez à l'événement de Lombard Odier lors de Building Bridges 2023.